couverture du livre la Démocratie en Amérique


Résumé de : la Démocratie en Amérique

Dans la Démocratie en Amérique, Tocqueville nous fait part des observations qu’il a pu faire lors de son voyage.

Publié en 1835, on trouve dans cet ouvrage des réflexions sur la nature et les dangers d’une démocratie, et une comparaison entre les systèmes politiques des pays européens et celui des Etats-Unis.

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Tocqueville s’en inquiète : les conséquences de cet état de choses sont funestes et dangereuses pour l’avenir 1.

La toute-puissance de la majorité peut-elle faire craindre une tyrannie de la majorité ? Une chose est sûre : la toute-puissance, de quelque acteur social que ce soit, est toujours chose dangereuse, pour Tocqueville à l’exception de celle de Dieu, car sa bonté et sa sagesse sont proportionnées à celle-ci.


Le risque que court l’Amérique n’est donc pas l’excès de liberté, mais la tyrannie, celle de la majorité. On trouve sur ce thème ce passage célèbre de la Démocrate en Amérique :

Lorsqu’un homme ou un parti souffre d’une injustice, aux Etats-Unis, à qui voulez-vous qu’il s’adresse ? A l’opinion publique ? C’est elle qui forme la majorité. Au corps législatif ? il représente la majorité et lui obéit aveuglément ; au pouvoir exécutif ? Il est nommé par la majorité. A la force publique ? Elle n’est autre chose que la majorité sous les armes ….

De ce fait, quelque inique ou déraisonnable que soit la mesure qui vous frappe, il faut donc vous y soumettre.

Pour éviter cela, il existe néanmoins des parades. Il faut que le pouvoir législatif représente avec distance la majorité et que d’autre part les pouvoirs exécutif et judiciaire aient une force qui leur soit propre.

Locke distingue deux notions que l’on confond parfois : l’arbitraire et la tyrannie. L’arbitraire peut s’exercer dans l’intérêt des gouvernés ; auquel cas il n’est pas tyrannique. Alors que la tyrannie peut s’exercer au moyen de la loi même, auquel cas, elle n’est pas arbitraire.


La démocratie peut devenir une vraie tyrannie de la majorité, principalement en ce qui concerne la liberté de pensée. On a coutume de lier invariablement démocratie et liberté de pensée. Pour Tocqueville, ce n’est pas nécessairement le cas.

Il remarque que dans une monarchie, le roi peut certes interdire à certains écrits de circuler librement. Mais il ne peut empêcher ses sujets de penser, en eux-mêmes, ce qu’ils souhaitent. Tandis que dans une démocratie, la majorité exerce également une emprise sur les moeurs et les opinions : on est poussé, en notre propre for intérieur, à penser comme les autres : un roi n’a qu’une puissance matérielle qui agit sur les actions et ne saurait atteindre les volontés, mais la majorité est revêtue d’une force toute à la fois matérielle et morale, qui agit sur la volonté autant que sur les actions, et qui empêche en même temps le fait et le désir de faire.

Tocqueville résume cela ainsi : en Amérique, la majorité trace un cercle formidable autour de la pensée. Si l’écrivain, le journaliste, le philosophe en sortent, ils sont en butte à des persécutions.

L’auteur remarque que le despotisme s’est ainsi perfectionné : auparavant, il frappait les corps pour essayer d’atteindre l’âme, à présent, il laisse le corps et va droit à l’âme.


Voici comment procède ce despotisme subtil, inscrit au cœur de la démocratie : le maître n’y dit plus : vous penserez comme moi, ou vous mourrez ; il dit : vous êtes libres de ne point penser comme moi ; votre vie, vos biens, tout vous reste ; mais de ce jour, vous êtes un étranger parmi nous. Vous garderez vos privilèges à la cité, mais ils vous deviendront inutiles […] Quand vous vous approcherez de vos semblables, ils vous fuiront comme un être impur.

Aucun écrivain ne peut échapper à cette obligation d’encenser ses concitoyens. La majorité vit donc dans une perpétuelle adoration d’elle-même. C’est une généralisation de « l’esprit de cour » à laquelle on assiste dans une démocratie, celui-ci pénétrant les différentes classes sociales.

Cette tyrannie de la majorité peut ainsi amener à une uniformisation des esprits : on croirait au premier abord qu’en Amérique, les esprits ont tous été formés sur le même modèle.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0