couverture du livre la Démocratie en Amérique


Résumé de : la Démocratie en Amérique

Dans la Démocratie en Amérique, Tocqueville nous fait part des observations qu’il a pu faire lors de son voyage.

Publié en 1835, on trouve dans cet ouvrage des réflexions sur la nature et les dangers d’une démocratie, et une comparaison entre les systèmes politiques des pays européens et celui des Etats-Unis.

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La démocratie américaine repose également sur le productivisme, et la division du travail telle que l’a conceptualisée Adam Smith, dans la Richesse des Nations.

Certes, la division du travail le rend plus efficace. Chaque ouvrier, en n’effectuant qu’une tâche, finit par acquérir une dextérité qui améliore son rendement. Mais Tocqueville remarque qu’ en lui l’homme se dégrade à mesure que l’ouvrier se perfectionne1.


Il se demande, en une allusion explicite à Adam Smith : que peut-on attendre d’un homme qui a employé 20 ans de sa vie à faire des têtes d’épingle ?.

L’ouvrier devient borné, faible, dépendant, se concentre sur une seule chose. Le maître de son côté acquiert une perspective de plus en plus générale : son esprit s’étend en proportion que celui de l’autre se resserre. L’un ressemble de plus en plus à l’administrateur d’un vaste empire, et l’autre à une brute.

Le productivisme, né au cœur de la démocratie, semble donc paradoxalement tendre vers un nouveau type d’aristocratie : le maître et l’ouvrier n’ont ici rien de semblable, et ils diffèrent chaque jour davantage. L’un semble né pour obéir, comme celui-ci pour commander. Qu’est-ce ceci, sinon de l’aristocratie ?.

Ou encore : il semble qu’on voie l’aristocratie sortir par un mouvement naturel du sein même de la démocratie.


Nous avons vu que l’égalité inscrite au sein de la démocratie, ainsi que la tyrannie de la majorité, amenaient à une uniformisation des hommes. Nous avons également vu que la démocratie était marquée par de grands changements.

De ces deux phénomènes découle un paradoxe : dans la démocratie américaine tout change, mais ce changement ne produit aucune différence, puisque tout le monde se ressemble. Dans une aristocratie au contraire, rien ne change, mais les hommes diffèrent beaucoup : rien n’y remue, tout y diffère.

De ce fait : l’aspect de la société américaine est agité, parce que les hommes et les choses changent constamment ; et il est monotone, parce que tous les changements sont pareils.


Tocqueville définit l’honneur comme un ensemble de règles particulières propres à un peuple (se distinguant de la morale, aux lois universelles) : l’honneur n’est autre chose que cette règle particulière fondée sur un état particulier, à l’aide de laquelle un peuple ou une classe distingue le blâme ou la louange.

En fait, toutes les fois que les hommes se rassemblent en société particulière, il s’établit aussitôt parmi eux un honneur, c’est-à-dire un ensemble d’opinions qui leur est propre sur ce qu’on doit louer ou blâmer.

Les valeurs défendues par le sentiment de l’honneur sont celles par lesquelles une société est parvenue à se constituer. Cela peut être la loyauté pour la monarchie par exemple, car ce type de régime ne peut subsister si les seigneurs et chevaliers ne sont pas loyaux.

En revanche, la démocratie américaine s’est constituée par le commerce et l’industrie. De ce fait, l’honneur dans ces sociétés s’accommode fort bien de l’amour des richesses, et repose même sur ce sentiment, qui est condamné par les sociétés aristocratiques : l’américain appelle noble et estimable ambition ce que nos pères du Moyen Age nommaient cupidité servile.


Puisque tout change sans cesse dans les démocraties, court-on le risque incessant de révolutions ? Non. Les révolutions apparaissent en général pour détruire l’inégalité, or les démocraties sont caractérisées par une grande égalité des conditions. On y trouve peu de riches et de pauvres, beaucoup de citoyens des classes moyennes, qui sont naturellement conservateurs ou partisans de simples réformes : les hommes des démocraties ne désirent pas naturellement les révolutions mais ils les craignent.

La cause en est simple : toute révolution menace les propriétés, or la plupart des habitants des démocraties sont propriétaires. De même, une révolution ruine en général commerces et industries. Comme ils sont nombreux en démocratie, la stabilité sociale est quelque chose que tous désirent : je ne sache d’ailleurs rien de plus opposé aux mœurs révolutionnaires que les moeurs commerciales. Le commerce est naturellement ennemi de toutes les passions violentes.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0