couverture du livre l'Esthétique de Hegel


Résumé de : l'Esthétique

Cet ouvrage présente une série de cours sur l’Art donnés par Hegel à l’université de Heidelberg puis de Berlin entre 1818 et 1829.
Hegel y définit l’esthétique comme la science du beau, une conception qui s’imposera. Il différencie les différents types d’art (symbolique, classique, romantique), comme autant de moments du déploiement de l’Esprit.

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Du même auteur : La Phénoménologie de l'esprit

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Hegel Esthétique
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Le sujet désirant lui non plus n’est pas libre, puisqu’il est prisonnier des intérêts de son désir, et ne se détermine pas selon l’universalité et la rationalité universelles de son vouloir. Il reste dépendant de l’objet désiré.

De ce fait, dans le désir, disparaissent à la fois la liberté du sujet désirant et celle de l’objet désiré.


Ce n’est pas ce type de relation qui caractérise le rapport de l’homme à l’œuvre d’art qu’il contemple. Celui-ci laisse celle-ci exister librement pour soi en tant qu’objet, et s’y rapporte sans désir 1.

De tout cela, on voit que le rapport de l’homme à l’œuvre dépasse le simple terrain de la sensibilité. Elle a pour destination de satisfaire seulement des intérêts spirituels et de pousser hors d’elle tout désir.


Même si c’est par la faculté sensible que l’œuvre d’art apparaît à l’homme, c’est à son intelligence qu’elle s’adresse. Celle-ci, à la différence du désir qui vise la consommation des choses dans leur singularité, vise à les apprendre dans leur universalité, les concevoir selon leur concept.

Néanmoins, c’est la science qui ultimement, parvient à la satisfaction de cet intérêt. C’est dans la science que l’homme atteint véritablement l’universel, la loi, la pensée. Dans l’art, l’homme continue à nourrir de l’intérêt pour l’objet dans son existence singulière, et ne travaille pas à le convertir en sa pensée et son concept universel.

Hegel peut donc proposer sa propre conception du rapport de l’œuvre d’art à la faculté sensible de l’homme. Dans l’art, la pensée ne recherche ni le pur sensible du désir, ni la pure pensée de la science. Elle cherche un sensible spiritualisé : ce que l’art veut, c’est une présence sensible délivrée de la charpente de sa matérialité simple.

De ce fait, l’art apparaît comme un moyen terme : l’œuvre d’art se situe au milieu entre la sensibilité immédiate et la pensée idéale, et le sensible dans l’œuvre d’art est élevé à une simple apparence.

L’odorat, le goût et le toucher ne peuvent fournir de jouissance esthétique, puisque celle-ci ne peut être purement sensible, en tant qu’ils n’ont à faire [qu’] avec la matérialité en tant que telle.



3/ l’art comme fin en soi


Enfin Hegel examine le troisième moment de la définition, selon laquelle l’art n’a pas d’autre fin que lui-même. Quelle est la finalité de l’œuvre d’art ?

S’agit-il de l’imitation de la nature, selon une conception traditionnelle ? L’œuvre d’art aurait-elle pour but d’imiter au mieux la nature ? Hegel se réfère aux grappes de raisin peintes par Zeuxis, si bien imitées que des colombes seraient allées les becqueter.

Mais c’est là un travail inutile et impossible. Dans cette perspective, l’art sera toujours en retard sur la nature: l’art ne pourra jamais entrer en compétition avec elle, et en essayant de le faire, il ressemble à un ver qui rampe derrière un éléphant.

Celui qui arrive à bien imiter la nature n’est pas génial, mais simplement habile. Ce n’est pas là pour Hegel une qualité très estimable : il faut placer la compétition abstraite de l’imitation au même niveau que l’habileté de celui qui avait appris à lancer sans faillir des lentilles dans une petite ouverture. Il se présenta à Alexandre avec cette prouesse, et Alexandre lui donna pour récompenser cet art dépourvu d’utilité et de contenu, un boisseau de lentilles.

L’imitation peut produire des œuvres d’adresse, mais pas des œuvres d’art.

De plus certains types d’arts, comme l’architecture et la poésie, ne se limitent pas à une simple imitation.


Hegel examine d’autres fins possibles de l’art.

Serait-ce l’éveil de tous les sentiments qui sont en nous ? L’art de cette manière devrait réaliser en nous la sentence bien connue de Terence rien de ce qui est humain ne m’est étranger, en nous présentant tous les types d’émotions et représentations qui ont une place dans l’esprit humain.

Mais alors l’art n’est qu’une forme vide, ouverte à toutes les formes possibles de contenu et de matière.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0