couverture du livre l'Esthétique de Hegel


Résumé de : l'Esthétique

Cet ouvrage présente une série de cours sur l’Art donnés par Hegel à l’université de Heidelberg puis de Berlin entre 1818 et 1829.
Hegel y définit l’esthétique comme la science du beau, une conception qui s’imposera. Il différencie les différents types d’art (symbolique, classique, romantique), comme autant de moments du déploiement de l’Esprit.

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Du même auteur : La Phénoménologie de l'esprit

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Hegel Esthétique
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Avec Schelling, l’idée, comme unité de l’universel et du particulier est devenue le principe de la connaissance et de l’existence, […] ce qui seul est vrai et réel1.

Mais Fichte reprenant cette idée, a fixé le moi comme principe absolu de tout savoir, raison et connaissance. Mais il s’agit d’un moi qui demeure abstrait et formel. Il est résolument simple. Tout contenu est nié en lui, car chaque contenu qui a de la valeur pour le moi n’est que dans la mesure où il est posé et reconnu par le moi.


Tout ce qui est l’œuvre du moi, je peux aussi bien l’anéantir à nouveau.

Cela dissout la valeur de toute chose : rien n’a de valeur en soi même, mais seulement en tant qu’il est produit par la subjectivité du moi. Mais alors le moi peut rester seigneur et maître de tout, et il n’y a rien que le moi ne puisse anéantir.

Avec Fichte, on ne trouve donc aucune gravité dans aucun contenu. C’est là ce que Hegel appelle la virtuosité de la vie ironico-artistique, qui s’appréhende elle-même comme une génialité divine.

Puisque rien n’a de valeur, on ne peut en effet regarder qu’avec ironie ce que les autres hommes considèrent avec sérieux et conviction : celui qui se trouve à un tel stade de génialité divine regarde du haut de son rang élevé le reste des hommes et les trouve limités et plats, car le droit, la moralité, revêtent encore pour eux une valeur ferme, obligatoire et essentielle.

C’est l’occasion pour Hegel de distinguer le comique (qui montre l’absence de valeur de ce qui n’en a pas) de l’ironique (qui nie une valeur existante, soit l’autodestruction du magnifique, du grand et de l’excellent ).


Hegel a donc montré quelle était la fin de l’art : la représentation sensible de l’absolu.

Par « absolu », Hegel entend « Dieu », « l’Idée », « l’Esprit », « l’opposition conciliée des contraires », « la vérité » ; ce sont là autant de synonymes.

Pour comprendre la signification d’absolu dans l’Esthétique, il faut lire la Phénoménologie de l’Esprit. Dans cet ouvrage, Hegel montre que Dieu, autrement dit l’Esprit, ou l’Absolu, se révèle progressivement à lui-même dans l’Histoire. La philosophie, l’art, la religion, sont des modes par lesquels, à un moment donnée, l’esprit prend conscience de lui-même.

Dans l’Esthétique, Hegel examine en détail la façon dont l’absolu apparaît à lui-même dans l’art.


Cela soulève un certain nombre de question : l’absolu est-il susceptible d’être représenté de manière sensible ?

On sait que pour les juifs et les musulmans, par exemple, on ne peut présenter d’image sensible de Dieu.

Pour Hegel, l’absolu est représentable. Le nier, ce serait faire de Dieu une entité abstraite, alors que la vérité comme on l’a vu, réside dans la réconciliation des contraires. Le vrai Dieu est à la fois sensible et spirituel, universel et singulier, abstrait et concret.

Un Dieu in-représentable n’est donc qu’une abstraction de l’entendement. C’est là un apport essentiel du christianisme que d’avoir affirmé que Dieu s’était incarné en homme. Le Christ est précisément cette union des contraires, du sensible et du spirituel qu’est la personne : Dieu est représenté dans le christianisme dans sa vérité, donc comme étant en soi complètement concret, comme une personne et défini plus précisément comme esprit.

Hegel donne un exemple de concret seulement sensible, dépourvu de toute spiritualité : les fruits qui se gâtent sans que personne ne les ait mangés. Mais l’œuvre d’art, elle est essentiellement une question, une apostrophe, adressée à un cœur qui lui répond, un appel lancé à l’âme et à l’esprit.

L’art, comme la religion, est donc un mode d’apparaître du divin, une façon dont le Dieu se révèle à nous. Or les différents types d’art vont constituer les différents modes d’apparition du divin.


On peut, sur ce principe, proposer le fondement d’une subdivision de l’art. Ou encore, les différentes formes d’art se distinguent selon les modalités de l’union de l’absolu et de la forme sensible.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0