couverture du livre la Crise des sciences européeennes de Husserl

Résumé de : la Krisis

La Krisis présente une série de textes écrits par Husserl en 1935 et paraît intégralement de manière posthume, en 1954, seize ans après sa mort. Il cherche à déterminer l'origine de la crise que traverse l'Europe au début du XXème siècle. Il s’agit pour lui de l’abandon progressif de l’idéal grec de la philosophie au profit d’une science objectiviste.

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Du même auteur : les Idées directrices pour une phénoménologie

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la Krisis
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C'est Descartes qui le fondateur originel, aussi bien de l'idée moderne du rationalisme objectiviste, que du motif transcendantal qui le fait éclater.

Descartes est le génie fondateur originel de l'ensemble de la philosophie moderne1.

Si Galilée fonde la nouvelle science de la nature, Descartes conçoit la nouvelle idée de la philosophie universelle, une philosophie en tant que « mathématique universelle » (mathesis universalis).


Mais Descartes veut donner au nouveau rationalisme une fondation radicale ; or cette fondation est la mieux appropriée pour ruiner ce rationalisme par le dévoilement historique de son absurdité cachée.

Cette fondation, c'est celle que Descartes atteint par sa récession jusqu'à l’ego cogito, suite à l'expérience du doute. C'est là tout le sens de l’épochè cartésienne.

Cette épochè cartésienne est d'un radicalisme inouï, car elle embrasse expressément non seulement la validité de toutes les sciences mêmes mathématiques mais aussi la validité du monde-de-la-vie pré-scientifique.


Pour la première fois est mise en question la validité du sol de connaissance de toutes les sciences : l'expérience sensible.

Certes le scepticisme antique, inauguré par Protagoras et Gorgias, affirmait que le monde est inconnaissable rationnellement et que la connaissance humaine pourrait dépasser les apparences subjectives-relatives.

Mais il manque à ce scepticisme la traversée de l'enfer de Descartes, qui permet par une épochè quasi-sceptique de forcer le seuil céleste d’une philosophie absolument rationnelle.


Ce que Descartes découvre dans le doute radical, c'est que moi qui accomplis l’épochè, je ne suis pas inclus dans l'horizon objectif de cette épochè, mais bien plutôt je m'en trouve exclu par principe. Je suis nécessairement en tant que celui qui l'accomplit. Cela exclut tout doute possible.

On obtient une sphère d'être absolument certaine : celle de l'ego, le moi. Je suis cela seul qui est absolument hors de doute.


Pourtant Descartes se trompe alors sur le sens de cet ego qu’il vient de découvrir : il le psychologise. Il découvre l’ego mais il se demande ce qu'il est : est-ce que cet ego est l'homme, celui donné dans la vie quotidienne, l'intuition sensible ?

Descartes met hors circuit le corps : l’ego, c'est l’âme où l'intellect. Mais le problème est que la division âme/corps ne se produit pas dans l’épochè, mais dans le monde de traitement théorique des psychologues. L'âme n'a pas de sens dans l’épochè.

Le problème de Descartes est donc la substitution à l'ego du moi psychologique.


Descartes présente une façon totalement nouvelle de philosopher, qui cherche ses fondements ultimes dans le subjectif. Or Descartes s'obstine dans l’objectivisme pur, malgré le fondement subjectif de celui-ci.


Pour Husserl, l’ego n'est pas simplement le « je » psychologique, car l’ego ne peut entrer en jeu dans le monde, puisque tout ce qui mondain puise justement son sens dans ses opérations, y compris le « je » au sens psychologique, habituel.

Les cogitations de l’ego forment par leur opération tout le sens d'être que le monde puisse jamais posséder. Toutes les distinctions du genre je/tu, intérieur/extérieur, se constituent dans l’ego absolu.

Descartes dans sa hâte de fonder l'objectivisme et les sciences exactes de la nature, n'a pas interrogé systématiquement l’ego pur sur ce qu'il possède en propre, en fait d’actes et de facultés.

Les premières Méditations étaient donc un morceau de psychologie. Descartes n'a pas interrogé l'intentionnalité, qui forme l'essence de la vie égologique.


Descartes est le point de départ de deux lignes de développement :

-le rationalisme avec Malebranche, Spinoza, Leibniz, Wolff, Kant

-l'empirisme avec Hobbes, Locke, Berkeley, Hume

Le rationalisme affirme qu'une connaissance universelle fondée du monde en soi par la méthode géométrique est possible. L'empirisme nie cela.


Locke propose une psychologie s'appuyant sur une théorie de la connaissance naturaliste.

Il veut fonder l'objectivité des sciences objectives. Locke prend l'ego cartésien pour l'âme qui connaît ses états intérieurs dans l’expérience de soi-même.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0