couverture du livre la Crise des sciences européeennes de Husserl

Résumé de : la Krisis

La Krisis présente une série de textes écrits par Husserl en 1935 et paraît intégralement de manière posthume, en 1954, seize ans après sa mort. Il cherche à déterminer l'origine de la crise que traverse l'Europe au début du XXème siècle. Il s’agit pour lui de l’abandon progressif de l’idéal grec de la philosophie au profit d’une science objectiviste.

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Du même auteur : les Idées directrices pour une phénoménologie

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la Krisis
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Seul ce que montre l'expérience intérieure, seules nos propres « idées » sont des données immédiatement évidentes. Le problème de Locke est celui de la genèse psychologique des expériences réelles de validité, et des facultés correspondantes. Pour lui il est évident que les datas sensibles montrent que des corps relevant d'un monde extérieur existent. Il est aveugle à la notion d'intentionnalité : l'âme est chez lui un réel fermé sur soi à la façon d'un corps1.


Dans le naturalisme naïf, l’âme est saisie comme un espace pour soi ou comme un tableau sur lequel viennent s'inscrire les datas psychologiques. Cette conception domine la psychologie et la théorie de la connaissance jusqu'à nos jours. Que la perception soit en elle-même perception de quelque chose, de cet arbre, c'est là un point sur lequel on ne s'attarde pas. Cela génère un nouveau scepticisme : c'est seulement dans notre propre réalité psychologique que nous avons des connaissances adéquates.

L'empirisme de Locke dérive en idéalisme paradoxal, puis en absurdité totale

.

Berkeley prolonge ce mouvement en réduisant les choses corporelles de l'expérience naturelle au complexe même des données sensibles dans laquelle elles s'apparaissent. On ne peut prouver que ces datas sensibles renvoient à quelque chose de réel. La matière apparaît comme un je-ne-sais-quoi, une fiction philosophique.


Hume radicalise cela : toutes les catégories de l'objectivité scientifique qui pensent un monde objectif en dehors de l’âme sont des fictions. On trouve psychologiquement l'origine de ces fictions. Ainsi l’identité est une fiction psychologique : lorsque nous voyons un homme il n'y a pas en fait un « je » identique, mais un monceau de datas en perpétuel changement. La causalité, la succession nécessaires sont aussi des fictions psychologiques pour Hume.

Hume finit au fond dans un solipsisme. Le problème qu'il soulève : comment des raisonnements qui vont de datas en datas pourrait-il franchir la sphère de l'immanence ?

Comme tout scepticisme, celui de Hume se supprime lui-même.


Avec Kant, il y a déploiement d'un subjectivisme transcendantal d’une nouvelle sorte. Kant n'est pas le continuateur de Hume, contrairement à ce qu'il dit.

Le radicalisme difficile de Descartes n'est pas passé chez ses successeurs. On admettait rapidement ce que Descartes trouvait si dur à fonder : la validité des sciences objectives. Le problème de Kant est le suivant : comment comprendre que les vérités de raisons purement a prioriques peuvent s'épanouir en une connaissance des choses ?

Kant s'est opposé au positivisme humien des données (datas). C'est ainsi qu'il comprend Hume. Il propose une nouvelle philosophie scientifique dans laquelle l'orientation cartésienne vers la subjectivité de la conscience se réaliserait dans la forme d'un subjectivisme transcendantal.


Pour Hume, l'énigme du monde réside dans le fait que l’être procède d'une prestation subjective. Or Kant ne reçoit jamais le choc de cette énigme même. Il admet comme évident tant de présuppositions qui pour Hume sont énigmatiques. Le problème de Kant se tient sur le même sol que le rationalisme d’un Descartes, d’un Wolff ou d’un Leibniz. La réaction kantienne contre le positivisme humien des datas s’appelle le subjectivisme transcendantal.

Kant n'a jamais pénétré en profondeur dans la méditation fondamentale de Descartes. Il ne cherche pas une fondation radicale de toutes les sciences. Il admet leur validité. La question est : d'où vient-elle ? Sur quoi se fonde cette légitimité ?


La phénoménologie transcendantale est la discipline qui peut lever les problèmes insolubles qui viennent d’être soulevés. Telle est l’idée autour de laquelle s’articule la troisième partie de la Krisis.


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1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0