couverture du livre l'Etre et le Néant de Sartre

Résumé de : l'Etre et le Néant

L’Etre et le Néant, publié en 1943, cherche à répondre à la question « qu’est-ce que l’être ? ». Cela amène Sartre à s’intéresser à la conscience, au néant, à autrui, mais aussi à des comportements comme la mauvaise foi ou la honte. Sartre utilise pour ce faire une approche phénoménologique qui se nourrit de ses lectures de Heidegger.

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Du même auteur : l'Existentialisme est un humanisme  l'Imaginaire

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l'être et le néant
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Sartre commence par rappeler un apport essentiel de la phénoménologie : celle-ci, en réduisant l'existant à la série des apparitions qui le manifestent1, permet de se débarrasser des dualismes qui embarrassaient la philosophie (être/apparence, chose en soi/phénomène, intérieur/extérieur, sujet/objet), en les remplaçant par le monisme du phénomène.


Maintenant toutes les apparitions se valent. Par exemple, la force n’est autre chose que l'ensemble de ses effets. Ainsi le dualisme de l'être et du paraître ne saurait plus trouver droit de cité en philosophie. L'apparence renvoie à la série totale des apparences et non à un réel caché.

Il n'y a plus non plus de dualisme puissance/acte : tout est en acte. Ainsi par exemple, tout le génie de Proust consiste dans son œuvre elle-même, et non dans une soi-disant puissance de produire des œuvres.

Le point de départ de l'Etre et le néant réside précisément en cette question : quel est l’être de ce paraître, en tant qu'il ne s'oppose plus à l’être ? Ou : qu’est-ce que l’être ?

En effet, l’être du phénomène échappe à la condition phénoménale, il est transphénoménal. C’est donc une vraie question. Comment y répondre ?


Il faut pour cela s’intéresser à la conscience. En effet, si comme la définit Sartre, la conscience est la dimension d'être transphénoménale du sujet et non un mode de connaissance particulier, appelé sens intime ou connaissance de soi, alors il faut saisir la nature de la conscience, cet étant transphénoménal, pour saisir l’être, en tant qu’il est aussi transphénoménal.

La question devient donc : qu’est-ce que la conscience ?

Sartre rappelle l'apport essentiel du travail d’Husserl : toute conscience, Husserl l’a montré, est conscience de quelque chose. Cela signifie qu'il n'est pas de conscience qui ne soit position d'un objet transcendant ; ou si l'on préfère, que la conscience n'a pas de contenu.

Ainsi une table n'est pas dans la conscience, même à titre de représentation. Une table est dans l'espace, à côté de la fenêtre.

La première démarche d’une philosophie doit être d'expulser les choses de la conscience et rétablir le vrai rapport de celle-ci avec le monde : la conscience se transcende pour atteindre un objet. C'est pour cela que la doctrine sartrienne n'est pas un idéalisme : si toute conscience est conscience de quelque chose, alors la subjectivité ne constitue pas l'objectif. Etre conscient de quelque chose, c’est être face à une présence concrète et pleine qui n'est pas la conscience, ce qui fait qu’une subjectivité pure s'évanouirait.


Dans cette perspective, on a toujours, ainsi qu’Heidegger l’a relevé, une compréhension pré-ontologique, immédiate, de l’être : le phénomène d'être, comme tout phénomène premier, est immédiatement dévoilé à la conscience.

Néanmoins, il faut examiner le phénomène de l’être pour en élucider le sens.


Sartre propose une distinction essentielle, en faisant remarquer que l’être est scindé en deux régions incommunicables : l'être en soi et l’être pour soi.

L’être en soi désigne le mode d’être des choses, qui se contentent d’être, sans avoir de retour sur elles-mêmes, autrement dit de conscience : l’être n'est pas rapport à soi, il est soi. Il est une affirmation qui ne peut pas s'affirmer, parce qu'il s'est empâté de soi-même […] nous résumerons ça en disant que l’être est en soi […] cela signifie qu’il ne renvoie pas à soi comme la conscience de soi : ce soi, il l’est. Il obéit au principe d’identité : l’être est ce qu'il est. Une porte est une porte, et rien de plus.


L’être pour soi désigne le mode d’être de l’homme, en tant qu’il a une conscience : celui-ci, à cause du retour sur lui-même qu’il peut opérer, se définit comme étant ce qui n'est pas et n'étant pas ce qu'il est. En prenant conscience de lui-même, l’homme se met à distance de lui-même. Ainsi, il se dédouble, est à la fois celui qui examine, et celui qui est examiné.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Philosophie 2.0