couverture du livre la Critique de la Raison pure de Kant


Résumé de : la Critique de la Raison pure

La Critique de la Raison pure est l’ouvrage fondamental de Kant, publié en 1781, dans lequel il analyse les différentes facultés de l’esprit, afin d’établir que notre connaissance ne saurait dépasser les limites de l’expérience.

Il entreprend de montrer que la métaphysique ne peut représenter une vraie science et qu’elle doit laisser place à la croyance.

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Du même auteur : Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique



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Kant Critique de la Raison pure
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L’espace n’est donc pas un concept empirique, qui nous est apporté par l’expérience. C’est au contraire une des formes a priori de notre sensibilité, grâce à laquelle une expérience est possible. C’est pour cela qu’il est nécessaire (qu’on l’utilise nécessairement dans nos représentations) ; rappelons-nous en effet que seul de l’a priori (à la différence de l’empirique) peut découler la nécessité.


L’espace n’est pas un concept pur, mais une forme de l’intuition pure, car il est infini, tandis qu’on ne peut imaginer un concept qui contiendrait en lui une foule infinie de représentations1.


La géométrie est une autre preuve du caractère a priori de l'espace. En effet la géométrie est une science qui détermine synthétiquement et cependant a priori les propriétés de l’espace. Le caractère a priori et donc nécessaire de ses déductions vient du fait que l’espace est une forme pure de l’intuition. S’il ne s’agissait que d’une intuition empirique, les déductions géométriques ne seraient pas nécessaires.


C’est selon le même procédé que Kant montre que le temps est une forme pure de l’intuition sensible.

En effet, on ne peut, à l’égard des phénomènes en général, supprimer le temps lui-même, bien que l’on puisse tout à fait bien soustraire du temps les phénomènes.

Le temps est donc une forme de l’intuition pure.

Comprenons bien cela : les objets sont spatio-temporalisés parce qu’espace et temps sont les formes de la sensibilité, vouloir intuitionner des objets qui ne seraient ni dans l’espace ni dans le temps, ce serait comme vouloir voir sans yeux.

Pour reprendre notre métaphore des lunettes roses : nous voyons rose nécessairement parce que le rose fait partie des lunettes de soleil elles-mêmes. Essayer de ne plus voir rose, (et de voir enfin les vraies couleurs, non déformées par ce filtre rose), ce serait comme essayer d’enlever nos lunettes de soleil, ce que nous ne pouvons pas faire.

De même, nous voyons les objets dans l’espace et le temps parce qu’espace et temps relèvent de notre faculté de connaissance. Vouloir y échapper, ce serait comme vouloir connaître sans faculté de connaissance.


Quelles sont les conséquences de cette théorie ?

Elles sont très importantes.


Première conséquence : l’espace et le temps

Tout d’abord, l’espace et le temps n’existent pas réellement. Espace et temps ne relèvent pas des choses elles-mêmes, mais de l’esprit. Ce sont des formes de la sensibilité, que nous prenons à tort comme des rapports réels entre les choses elles-mêmes. Or ce sont simplement des conditions de notre esprit pour avoir une expérience de ces choses.

Ainsi l’espace ne représente nulle propriété de quelconques choses en soi, ni ces choses dans la relation qu’elles entretiennent les unes avec les autres ». Mais « l’espace n’est rien d’autre que simplement la forme de tous les phénomènes des sens externes, c’est-à-dire la condition subjective sous laquelle seulement pour nous une intuition externe est possible.

De ce fait nous ne pouvons par conséquent parler de l’espace d’êtres étendus, etc., que du point de vue d’un être humain. Si nous nous dégageons de la condition subjective sous laquelle seulement nous pouvons recevoir une intuition externe, à savoir la possibilité d’être affecté par les objets, la représentation de l’espace ne signifie absolument rien. Idem pour le temps.


Seconde conséquence : l’impossibilité de connaître la chose en soi.

Appelons chose en soi la chose telle qu’elle est réellement, non déformée par notre faculté de connaissance. La chose en soi est en quelque sorte la vérité absolue, celle que nous visons, lorsqu’on cherche à connaitre les choses dans leur vérité.

Avec Kant est fondée définitivement l’idée qu’on ne peut connaître les choses en soi : on connaît seulement les phénomènes, c’est-à-dire les choses telles qu’elles ont dû être modifiées pour s’adapter à notre pouvoir de connaissance.

Ainsi toute notre intuition n’est que la représentation du phénomène ; les choses que nous intuitionnons ne sont pas en elles-mêmes telles que nous les intuitionnons.


Nous ne voyons pas les choses réelles. En effet, nous ne contemplons pas dans l’expérience les choses dans leur vérité, les choses en soi, mais une sorte de « mixte » entre choses et esprit, entre choses en soi et formes de la sensibilité.

N’ayant pas fait cette distinction, nous prenons à tort ce qui dans ce « mixte » relève de l’esprit (l’espace et le temps) comme quelque chose qui relève du monde réel.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Kant : lecture suivie