couverture du livre la Critique de la Raison pure de Kant


Résumé de : la Critique de la Raison pure

La Critique de la Raison pure est l’ouvrage fondamental de Kant, publié en 1781, dans lequel il analyse les différentes facultés de l’esprit, afin d’établir que notre connaissance ne saurait dépasser les limites de l’expérience.

Il entreprend de montrer que la métaphysique ne peut représenter une vraie science et qu’elle doit laisser place à la croyance.

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Du même auteur : Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique



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Kant Critique de la Raison pure
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Il faut pour y répondre que l’esprit se prenne lui-même pour objet d’étude, découvrir comment l’entendement fonctionne, et ainsi élaborer une science particulière qui peut se nommer critique de la raison pure1.

C’est une connaissance transcendantale, au sens que Kant donne à ce terme : je nomme transcendantale toute connaissance qui s’occupe en général moins d’objets que de notre mode de connaissance des objets, en tant que celui-ci doit être possible a priori. La philosophie transcendantale est celle qui prend pour objet d’étude l’ensemble de nos concepts a priori.


La critique transcendantale est celle qui doit fournir la pierre de touche de la valeur ou de l’absence de valeur de toutes les connaissances a priori. De ce fait, c’est un canon de la connaissance (en tant qu’elle fonde ou infirme cette valeur).

Cette science doit être divisée en une théorie des éléments de la raison pure, et une théorie de la méthode.

Après cette lecture de l’Introduction, nous pouvons à présent passer, armé de ces explications, à celle de la première partie, la théorie transcendantale des éléments.



Théorie transcendantale des éléments


Esthétique transcendantale


Que signifie « esthétique transcendantale » ? Ici encore, comprendre le titre revient à faire un grand pas dans la compréhension du chapitre.

Dans les toutes dernières lignes de l’Introduction, Kant fait une distinction fondamentale entre deux facultés qui composent notre pouvoir de connaissance : il y a deux souches de la connaissance humaines, à savoir la sensibilité et l’entendement, par la première desquelles des objets nous sont donnés, tandis que par la seconde ils sont pensés.

Une nouvelle faculté, la sensibilité, nous apparaît donc.


Cette distinction répond à une idée assez intuitive, selon laquelle nous recevons du monde extérieur différentes sensations (par exemple, une sensation de froid, une couleur, une odeur, etc.) qui sont ensuite analysées par l’intellect.

Mais Kant utilise une terminologie précise : il ne parle pas de sensations qui seraient reçues par nos sens (ce qui donnerait un caractère quasiment biologique à son analyse), mais d’« intuitions » fournies par notre « sensibilité ». Il ne parle pas d’ « idées » de l’ « intellect », mais de « concepts » de l’« entendement ».

C’est cette terminologie qui ajoute à la complexité de l’ouvrage, et qui fait que souvent on est découragé par notre lecture. En effet, on utilise de nos jours les termes d’« intuition », de « sensibilité », et d’« esthétique » en un autre sens.

Ainsi on parle à présent d’« intuition » pour désigner une sorte de « pressentiment » un peu magique) ; la « sensibilité » et l’ « esthétique » sont des termes qui relèvent du domaine artistique : on dit qu’on est plus ou moins « sensible » à une peinture ou à un morceau de musique, et l’esthétique est la discipline qui étudie précisément les œuvres d’art.

Autant de significations qui sont naturellement absentes des termes employés par Kant.


Il faut comprendre que lorsque Kant parle d’intuition, il ne désigne autre chose que les sensations. Mais il emploie un autre terme, probablement pour éviter le caractère « biologique » de la notion de sensation (la réflexion de Kant sur le pouvoir de connaître ne consiste pas en une réflexion physiologique sur l’anatomie de l’œil par exemple). Il s’agit d’une autre approche, transcendantale on l’a vu, c’est-à-dire qui examine les conditions a priori de la connaissance. Et cette différence d’approche doit se traduire par l’emploi d’une terminologie spécifique.

De même, « sensibilité » et « esthétique » n’ont aucune connotation artistique à l’époque de Kant. C’est plus tard, suite au travail de philosophes ultérieurs, comme Schiller et Hegel, que ces termes prendront cette connotation.


Prenons donc ces termes dans le sens spécifique que Kant leur donne, en comprenant qu’ils sont plus précis et mieux adaptés que d’autres à la théorie que Kant veut développer.

La sensibilité, faculté passive, est celle par laquelle des objets nous sont donnés (dans des intuitions). Tandis que c’est par l’entendement qu’ils sont pensés (grâce à des concepts).

Intuition et concept sont complémentaires. Pris isolément, ils ne peuvent produire une connaissance. Plus tard, dans l’introduction de la Logique transcendantale, Kant résume cela en disant que des pensées sans contenu sont vides, des intuitions sans concepts sont aveugles.


Il faut commencer par étudier la sensibilité, puisqu’elle est première, d’un point de vue chronologique : l’objet est reçu, avant que d’être pensé : les conditions sous lesquelles seulement les objets de la connaissance humaine sont donnés précèdent celles sous lesquelles les mêmes objets sont pensés.

C’est dans le premier paragraphe de l’esthétique transcendantale que cette faculté est décrite.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Kant : lecture suivie