couverture du livre la Critique de la Raison pure de Kant


Résumé de : la Critique de la Raison pure

La Critique de la Raison pure est l’ouvrage fondamental de Kant, publié en 1781, dans lequel il analyse les différentes facultés de l’esprit, afin d’établir que notre connaissance ne saurait dépasser les limites de l’expérience.

Il entreprend de montrer que la métaphysique ne peut représenter une vraie science et qu’elle doit laisser place à la croyance.

télécharger le résumé

Du même auteur : Idée d'une histoire universelle d'un point de vue cosmopolitique

Index de l'article
Kant Critique de la Raison pure
Page 2
Page 3
Page 4
Page 5
Page 6
Page 7
Page 8
Page 9
Page 10
Page 11
Page 12

En fait, il existe d’ores et déjà une discipline qui recense et classe les actes de la raison dans son fonctionnement : la logique. Le point de départ de la Critique est donc de s’intéresser à cette discipline : la logique commune me donne […] un exemple de la manière dont tous les actes simples de la raison se peuvent complètement et systématiquement dénombrer1.

Grâce à l’étude de cette science, nous saisirons tout d’abord quels sont les concepts purs de l’entendement, c’est-à-dire ces concepts fondamentaux grâce auxquels fonctionne notre intellect.


La Critique visera à démontrer, ainsi que rendre compréhensible, la validité objective de ses concepts a priori.

Enfin, cette étude permettra de dresser une sorte d’inventaire de tout ce que nous possédons par raison pure, ordonné de manière systématique.

C’est donc de la logique qu’il faut partir. C’est précisément sur l’examen de cette discipline que s’ouvre la Préface de la seconde édition.


La logique est donc la science d’où il faut partir pour saisir la manière dont fonctionne l’esprit, c’est-à-dire les lois a priori de l’entendement.

Kant considère la logique de son époque, héritée de la scolastique, comme une science close, achevée et satisfaisante (ce qui lui sera reproché par la suite, puisque la logique a évolué de manière considérable depuis).

L’intérêt de la logique, c’est qu’elle démontre avec rigueur les règles formelles de toute pensée. Qu’est-ce que cela signifie ? C’est cela qu’il faut comprendre.

La logique ne s’intéresse pas au contenu, à la matière, d’un raisonnement, mais à la forme de celui-ci, à la manière dont celui-ci est menée.

Voici une forme correcte d’un point de vue logique d’un raisonnement.

A est B
Or B est C
Donc A est C


C’est purement formel, car on ne considère pas le contenu de chacune des propositions (on ne donne aucun contenu à A, B ou C). Cela peut désigner n’importe quel contenu.

Par exemple :

Un chat est un félin. Or un félin est un mammifère. Donc un chat est un mammifère

Ou encore :

Socrate est un homme. Or les hommes sont mortels. Donc Socrate est mortel.


En fait, même si on donnait n’importe quel contenu absurde à ce raisonnement, il demeurerait correct d’un point de vue formel :

« Un chat est un chien. Or les chiens sont des canaris. Donc les chats sont des canaris » reste vrai d’un point de vue formel, même si le contenu (la matière) de ce raisonnement est faux.


Nous comprenons donc maintenant pourquoi Kant voit dans la logique la discipline dans laquelle on va trouver les lois formelles de la pensée. Lorsqu’on l’étudie, l’entendement n’a affaire à rien d’autre qu’à lui-même et à sa forme.

Les lois de la logique, du fait de leur caractère formel, sont des lois a priori de la pensée. En effet, elles ne sont pas enseignées par l’expérience, mais précèdent l’expérience. Elles ne concernent pas nos expériences du monde extérieur, mais sont des lois de l’esprit, les lois auxquelles l’entendement obéit lorsqu’il analyse des expériences.

Retenons donc que « formel » et « a priori » sont deux notions nécessairement liées chez Kant.


Kant montre alors que d’autres sciences ont suivi cette voie, comme les mathématiques ou même la physique, et que cela a permis d’atteindre des résultats tout à fait positifs.

En effet, tout comme la logique, mathématique et physique sont les deux connaissances théoriques de la raison qui doivent déterminer leurs objets a priori.

Ainsi le mathématicien lorsqu’il raisonne sur le cercle, et trace une figure au tableau, ne raisonne pas sur cette figure elle-même qu’il vient de dessiner, d’après l’expérience qu’il en fait. Cela serait une approche empirique (qui repose sur l’expérience). La figure tracée n’a qu’une fonction d’illustration.



1 Les références des citations sont disponibles dans l'ouvrage Kant : lecture suivie